histoire de l'islam et des musulmans

heikh Mohammed bin Abdel Wahhab s’est-il rebellé? Le premier Etat Saoudien 24 sept بسم الله الرحمن الرحيم

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Il n’y a que peu de savants dans l’histoire Islamique qui ont été plus diffamés et faussement représentés que Sheikh al-Islam Mohammed bin Abdel Wahab, né en 1115H (1703) et décédé en 1206H (1792). Les Soufis et les Shi’ites, qui eux attribuent la divinité et des pouvoirs supersticieux aux habitants des tombes, le méprisent à cause de sa condamnation de leurs croyances non-islamiques et contredisant la croyance saine; ils sont ceux qui contredisent les ordres du Qour’an, leur ordonnant d’adorer uniquement Allah, et que les supplications de besoin, d’aide, de refuge et de secours doivent être adressées à Lui seul.
De l’autre côté, il ya les sectes des Khawarij, dont certains le considèrent comme un cimentier du «trône» de l’Imam Mohammed bin Saoud, le fondateur et le premier chef de l’État Saoudien, et donc un partisan de la tyrannie. Ils semblent avoir une relation schizophrénique avec lui; certains d’entre eux l’ont utilisé comme un exemple leur permettant de se rebeller contre l’autorité en place, parce qu’ils pensent qu’il s’est rebellé contre l’autorité de l’Empire Ottoman; alors que d’autres parmi eux prétendent et l’ont attaqué sur le fait qu’il s’est rebellé contre les Ottomans et donc a aidé à la chute du Califat.

Pour celui qui  étudie la vie de Sheikh al-Islam Mohammed bin Abdel Wahab, ses nombreux écrits, ainsi que ceux de ses enfants et petits-enfants (dont un grand nombre étaient des savants de plein droit), il devient clair qu’il ne s’est pas rebellé contre les Ottomans, ni qu’il a déclaré que ceux qui sont tombés dans des innovations sont des mécréants, comme certains partisans biaisés l’ont affirmé. A titre d’exemple, Talal Rajab de la Fondation Quilliam a dit:

« Le Wahhabisme est une dénomination littérale de l’islam sur la base des enseignements de Mohammed bin Abdel Wahab (1703- 1792) au 18ème siècle en Arabie Saoudite. Wahhab a préconisé la purification de l’Islam de ce qu’il a appelé les innovations, en faisant valoir que toute personne qui pratique ces innovations est devenu un kafir [non-musulman] et que tuer ces personnes était légitime « . [1]

Ce genre de propagande ne fait qu’ajouter au préjudice contre cet éminent savant et contre les salafis qui étudient ses livres. Une étude de base sur les écrits du Sheikh révèle la fausseté des affirmations de la Fondation Quilliam et d’autres qui calomnient ses enseignements. Contrairement à ce qu’ils affirment contre  Mohammed ibn Abdel Wahab, le Sheikh lui-même a dit en réponse aux mêmes allégations faites de son vivant:

« Et je ne déclare pour aucun Musulman qu’il est au Jannah ou au feu, sauf ceux dont le Messager d’Allah a témoigné. Cependant, je l’espère, pour le juste et je crains pour le pécheur.

Et je n’accuse aucun Musulman d’être un kafir (non-musulman) en raison d’un péché, et je ne les expulse pas du giron de l’Islam ». [2]

Il réfute ainsi les propos diffamatoires et les mensonges fabriqués contre lui par ceux qui l’accusent à tort de déclarer mécréant ceux qui commettent des innovations religieuses! [3]

Ceux qui tentent d’utiliser les enseignements de Sheikh al-Islam Mohammed bin Abdel Wahab pour justifier la rébellion contre les tyrans n’ont également aucun fondement réel. Ils interprètent mal les paroles du Sheikh, en utilisant un discours ambigu, tout en ignorant ses propos catégoriques. La déclaration présentée ici est juste l’une des nombreuses et claires paroles de Sheikh al-Islam Mohammed bin Abdel Wahab, de sa croyance et de sa lettre ouverte au peuple et savants de la ville d’al-Qasim dans laquelle il déclare sans ambiguïté:

« Et je rapelle l’obligation d’écouter et d’obéir aux dirigeants Musulmans, qu’ils soient justes ou pécheurs, tant qu’ils ne commandent pas la désobéissance à Allah. Quiconque s’empare du Califat (du pouvoir), les gens se rassemblent derrière lui et sont satisfaits de lui – ou s’il les a vaincu avec son épée jusqu’à devenir Calife, alors même dans ce cas l’obéissance est obligatoire et il n’est pas permis de se révolter contre lui ». [4]

Sheikh Al Fawzan, un savant Salafi de notre époque, a commenté ces propos:

« Donc il obligatoire d’obéir aux gouverneurs et si ils ordonnent le péché, alors, « Il n’y a pas d’obéissance à la création dans la désobéissance au Créateur ». [5] Cependant, vous ne pouvez pas renoncer au serment d’allégeance même si ils vous ordonnent le péché. Nous ne leur obéissons pas dans le péché, mais l’obéissance reste dans ce qui est bon … « [6]

Contrairement à cette position bien connue des Salafis, les principales figures des extrémistes modernes, tels que Sayyid Qutb et Taqi ud-Din an-Nabahānī, rejettent ce qui équivaut à l’un des grands fondements du Crédo islamique qui consiste à écouter et obéir à ceux qui ont autorité dans tout ce qui est considéré comme bon dans la Shari’ah et de ne pas s’opposer à eux ni sortir de l’obéissance à cause de la tyrannie ou de l’injustice. Qutb et Nabahānī ont tous deux déclaré que l’ensemble du monde Musulman est Dar al-Kufr (une terre de mécréance) et ont appelé à une révolution contre elle. Pas un seul savant Salafi de notre époque ne partage ce point de vue avec eux, au contraire, ils considèrent ce point de vue comme étant celuis des Khawarij hérétiques qui doivent être réfutés et combattus.

Notes:
1 Talal Rajab, Re-Programmer les Musulmans anglais — une étude de l’Islam, p.11, Fondation Quilliam, Mars 2010.

2 Dans une lettre écrite aux habitants du village de Qasīm, Najd, Arabie Saoudite titée Risālah ilā Ahlil-Qasīm (Une lettre aux gens de Qasīm). Ad-Durar as-Saniyyah fīl-Ajwibah an-Najdiyyah, vol. 1, pp. 29-35.

3 Sharh ʿAqīdah al-Imām al-Mujaddid Muhammad bin ʿAbdul-Wahhāb, pp.142-156.

4 Sharh ʿAqīdah al-Imām al-Mujaddid Muhammad bin ʿAbdul-Wahhāb, p. 127.

5 Rapporté par Ahmad dans son Musnad d’après un Hadith de ʿAlī , 1/131, no. 1095; d’après une hadīth de Ibn Masʿūd , 1/409, no. 3889; d’aprèsʿImrān bin Husayn , 5/66, no. 20653; Muslim, no. 1840.

6 Sharh ʿAqīdah al-Imām al-Mujaddid Muhammad bin ʿAbdul-Wahhāb, p. 128.
Tiré du livre “The Rise of Jihadist Extremism in the West”, Salafi Publications, Birmin

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