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De la naissance de l’état islamique à la mort du messager

De la naissance de l’état islamique à la mort du messager

 

Les temps forts de l’histoire islamique (9-14) : De la naissance de l’état islamique à la mort du messager (paix à lui)

 - L’établissement de la société musulmane (la construction de la mosquée prophétique, la fraternisation entre Emigrés et Auxiliaires, le pacte d’alliance avec les Juifs)
- Les expéditions du messager : Badr, Uhud, Hudaybiyah, la conquête de La Mecque, Hunayn)
- La mort du prophète (paix à lui)

 L’édification de la société musulmane 

Dès son arrivée à Médine, le prophète صلى الله عليه وسلم   s’attela à établir les fondements de l’état islamique naissant. Pour cela, il entreprit de nombreuses actions dont les plus importantes seront :

 La construction de la mosquée

La première chose qu’entreprendra le messager صلى الله عليه وسلم   dans la nouvelle société sera la construction de la mosquée, à l’endroit même où se posa sa chamelle. Si le prophète صلى الله عليه وسلم   avait commencé par cela, c’est parce que la mosquée était le point de départ de la prédication islamique. C’est en son sein que s’accomplit la prière et que les musulmans se réunissent pour conduire leurs affaires et discuter de la politique à mener.

 La fraternisation entre les émigrés et les auxiliaires

La deuxième chose que fera le messager صلى الله عليه وسلم   sera d’instaurer un lien de fraternité entre les Emigrés et les Auxiliaires. Cette fraternisation était indispensable pour que les Emigrés récupèrent les biens qu’ils avaient abandonné à la Mecque et pour que le messager صلى الله عليه وسلم   donne à sa prédication et à son état une assise solide reposant sur l’amour et l’harmonie. Chaque Emigré se fut attribué ainsi un frère parmi les Auxiliaires. Le prophète صلى الله عليه وسلم   attribuera d’ailleurs à ce lien de fraternité les mêmes droits et devoirs qu’à celle de sang.

Cette fraternisation n’empêchera cependant pas les Emigrés de partir chercher du travail et de gagner ainsi leur subsistance. Certains, en effet, se lanceront dans le commerce et prospéreront, d’autres préfèreront l’agriculture. Il résultera de toute cette activité un essor économique chez les Musulmans et cette prospérité sera l’un des piliers de l’Etat islamique naissant.

 Le traité d’alliance entre les musulmans et les juifs

Outre les Musulmans et les polythéistes, Médine comptait une communauté juive qui se divisait en trois principales tribus : les Juifs de Banû An-Nadhîr, ceux de Banû Qaynuqâc et ceux de Banû Qurayzhah.

Le prophète صلى الله عليه وسلم   estima qu’il était plus sage et politiquement plus habile d’aborder cette communauté par l’amitié et de s’entendre avec elle sur une assistance mutuelle, de sorte à ce que Médine soit unie et forte. Il صلى الله عليه وسلم   élabora donc avec eux un traité exposant les droits et les devoirs des Musulmans ainsi que ceux des Juifs. La base de ce traité était la fraternité dans la citoyenneté, la défense de Médine en cas de conflit ainsi que la solidarité totale entre les deux communautés si un malheur venait à s’abattre sur l’une d’entre elles.

Par ce traité, le prophète صلى الله عليه وسلم   souhaitait protéger la prédication islamique contre un éventuel ennemi intérieur.

Si l’on ajoute à ce pacte ce qui fut également achevé pendant cette période, en particulier la construction de la mosquée et la fraternisation entre les Emigrés et les Auxiliaires, on est convaincu que les piliers d’une nouvelle force étaient apparus et que les facteurs de la puissance et de la victoire avaient pris corps. Effectivement, la présence de ces facteurs est très importante dans l’établissement d’une société car ils permettent de créer un Etat capable de repousser l’agression.

D’autre part, les polythéistes de la Mecque n’avaient toujours pas décoléré de l’exil du messager صلى الله عليه وسلم et de ses compagnons à Médine. Bien au contraire, leur inquiétude augmenta et leur crainte s’accentua quant à la possibilité d’une menace musulmane sur leurs caravanes commerciales qui passaient régulièrement près de Médine. Allah عزوجل autorisa alors le messager صلى الله عليه وسلم   à prendre les armes afin de défendre la vie des Musulmans et la prédication islamique, ainsi que pour répondre à l’injustice et l’agression dont ils avaient souffert.

Allah عزوجل dit dans la sourate « Le Pèlerinage » :

أُذِنَ لِلَّذِينَ يُقَٰتَلُونَ بِأَنَّهُمۡ ظُلِمُواْۚ وَإِنَّ ٱللَّهَ عَلَىٰ نَصۡرِهِمۡ لَقَدِيرٌ ٣٩} {ٱلَّذِينَ أُخۡرِجُواْ مِن دِيَٰرِهِم بِغَيۡرِ حَقٍّ إِلَّآ أَن يَقُولُواْ رَبُّنَا ٱللَّهُۗ

« Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre), parce que vraiment ils sont lésés ; et Allah est certainement Capable de les secourir. Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures – contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : « Allah est notre Seigneur ».» S.22, v. 39-40.

Vingt-six batailles auront lieu entre les Musulmans et les polythéistes dont les plus illustres sont celles de Badr, Uhud, celle des coalisés et la conquête de la Mecque.

 Les expéditions du messager صلى الله عليه وسلم

De la naissance de l’état islamique à la mort du messager

 

 

 La grande bataille de Badr

La première, et sans conteste la plus importante bataille de l’Islam, est la bataille de Badr qui se déroula le 17 du mois de Ramadan de l’an 2 de l’Hégire. Le motif de cette bataille fut qu’une caravane commerciale appartenant aux Mecquois revenait de la région du Shâm (l’Assyrie) en direction de la Mecque. Quand le messager صلى الله عليه وسلم apprit qu’elle passerait près de Médine, il décida de s’en emparer comme compensation des biens que les polythéistes avaient accaparé et qui appartenaient aux Emigrés. Il صلى الله عليه وسلم sortit donc avec un groupe de trois cent treize Musulmans composé en majorité d’Ansars.

Quand le chef de la caravane, Abû Sufyân, apprit que le messager صلى الله عليه وسلم et ses adeptes étaient sortis pour s’emparer de la caravane, il envoya immédiatement un émissaire informer la Mecque et demander un renfort urgent. Les polythéistes, leurs dirigeants à leur tête, sortirent donc de la Mecque avec un effectif de neuf-cent cinquante hommes, cent chevaux et sept-cent chameaux.

Cependant, alors qu’ils étaient en chemin, un émissaire d’Abû Sufyân vint à leur rencontre et les informa que ce dernier ainsi que la caravane étaient sauvés, et leur demandait par conséquent de rebrousser chemin.

Mais Abû Jahl, extrêmement motivé à l’idée de combattre les Musulmans, s’obstina à poursuivre la route jusqu’à Badr et dit : « Par Allah, nous ne rebrousserons chemin que lorsque nous arriverons à Badr, que nous y bivouaquerons trois nuits durant, égorgeant le chameau, mangeant, buvant de l’alcool et que les arabes entendent parler de nous, de notre campagne et de notre grand nombre, de sorte qu’après cela ils nous craignent à tout jamais »

Ayant été informé de la situation, le prophète صلى الله عليه وسلم réunit ses compagnons afin de les consulter. Constatant en eux une foi inébranlable et une détermination véritable à continuer d’avancer et à s’opposer aux Quraysh, il fut extrêmement réjoui et leur dit :

« Allez et réjouissez-vous, car Allah m’a assurément promis un des deux groupes et par Allah c’est comme si je voyais leurs dépouilles. »

Le prophète صلى الله عليه وسلم  et les Musulmans descendirent à la vallée de Badr et, suivant le conseil d’Al-Hubab Ibn Al-Mundhir Ibn Al-Jamuh, établirent leur emplacement près du puits. Le messager صلى الله عليه وسلم  inspecta ensuite les rangs des Musulmans et annonça par de fortes paroles pleines de foi le début de la bataille.

Il déclara : « Par celui Qui détient l’âme de Muhammad dans Sa main, personne aujourd’hui ne les combattra et se fera tuer, patientant et espérant (la récompense), faisant face sans tourner les talons, qu’Allah ne fera entrer au Paradis. »

Les deux camps se firent face et la bataille fit rage. Musulmans et Mecquois engageront toutes leurs forces dans la bataille et, malgré l’infériorité numérique et le manque de préparation, la force de la foi fut victorieuse. Les chefs des Quraysh tombèrent les uns après les autres sur le champ de bataille et l’armée du polythéisme fut défaite en dépit de son grand nombre et de son arsenal.

 Parmi les morts ce jour-là, la tête de la mécréance et de l’égarement Umayyah Ibn Khalaf, mais aussi cUqbah Ibn Abâ Mucît, An-Nadhr Ibn Al-Hârith, Abû Jahl et cUtbah Ibn Rabîcah.

La bataille de Badr fut une cuisante défaite pour les Païens. En effet, ils fuirent le combat après que soixante-dix d’entre eux furent tués et que soixante-dix autres furent fait prisonniers. Quant aux Musulmans, quatorze d’entre eux seulement trouvèrent le martyr.

La victoire musulmane eut l’effet d’un cataclysme à travers toute la péninsule arabique. C’était, en effet, la première confrontation entre les Musulmans et les polythéistes et la victoire est revenue au petit nombre de croyants alors que Quraysh, après des années d’entêtement, de guerre contre la prédication islamique et de moqueries à l’égard du prophète صلى الله عليه وسلم et de ses adeptes, fut vaincue. La bataille de Badr aboutit donc à une nouvelle donne, à savoir l’ébranlement des piliers du polythéisme.

 La bataille d’Uhud

 Après la bataille de Badr, les polythéistes retournèrent à la Mecque où le chagrin, dû aux morts, dont bon nombre de dirigeants tombés à Badr, avait gagné tout le monde. Ils s’accordèrent donc sur la nécessité de se venger de Muhammad صلى الله عليه وسلم et de ses adeptes.

Pendant un an, ils prépareront cette vengeance et un grand nombre de tribus se joindra du reste à eux. Ainsi, sous le commandement d’Abû Sufyân, les forces Qurayshites, fortes de trois mille hommes, dotés de tout l’armement nécessaire, se mirent en route vers Médine.

A cinq miles de la ville, au pied du mont Uhud, l’armée de la Mecque établit son campement. Ayant appris la nouvelle, le messager صلى الله عليه وسلم consulta ses compagnons et leur dit : « Que dites-vous de rester dans la ville et de les laisser où ils sont ? Car s’ils restent à cet endroit, ils restent dans un bien mauvais endroit, et s’ils pénètrent chez nous, nous les combattrons à l’intérieur de la ville. »

Cependant, les jeunes Médinois, enthousiastes à l’idée de combattre, surtout ceux qui n’avaient pas participé à la bataille de Badr, furent d’un autre avis et déclarèrent :

- « Ô messager d’Allah, sors avec nous à la rencontre de nos ennemis afin qu’ils ne s’imaginent pas que nous avons eu peur d’eux et que nous avons faibli. »

Constatant que la majorité penchait pour cet avis, le prophète صلى الله عليه وسلم opta pour cet avis. Aussi, le 10 du mois de Shawwâl, le prophète صلى الله عليه وسلم accomplit la prière du vendredi et durant son sermon, il enjoigna ses compagnons à la patience ainsi qu’à être fermes. Il remit ensuite l’étendard des Emigrés à Muscab Ibn cUmayr, celui des Khazraj à Al-Hubâb Ibn Al-Mundhir et celui des Aws à Usayd Ibn Hudhayr.

Puis l’armée médinoise, dont l’effectif avoisinait les mille soldats, se mit en marche. A mi-chemin, le chef des hypocrites cAbdullah Ibn Ubayy rebroussa chemin avec trois cents parmi ses compagnons, laissant ainsi le prophète صلى الله عليه وسلم, en compagnie de sept cents croyants sincères.

Arrivés au mont Uhud, les Musulmans firent halte et se placèrent dos au mont et face à Médine. Le messager صلى الله عليه وسلم  se mit ensuite à organiser ses troupes, il plaça cinquante archers sur un sentier du mont derrière l’armée. Il leur intima l’ordre de garder cette position et de ne la quitter sous aucun prétexte, même dans le cas où la défaite des polythéistes leur apparaissait.

Puis, les deux groupes se firent face. La bataille, comme le veut la tradition, débuta d’abord par un affront. Et sur ce terrain, la victoire fut du côté musulman. La cavalerie païenne chargea ensuite à trois reprises les combattants de la foi, l’affrontement s’intensifia. Sentant que leurs frères étaient en train de l’emporter, les archers musulmans abandonnèrent leurs positions. Oubliant l’ordre du prophète صلى الله عليه وسلم, ils descendirent sur le champ de bataille amasser le butin que les païens avaient abandonné derrière eux.

En embuscade, le chef de la cavalerie païenne, Khâlid Ibn Al-Walîd, ne laissa l’occasion s’échapper et prit les musulmans, alors occupés à rassembler le butin, à revers.

Surpris, les musulmans furent pris de panique et se désorganisèrent au point même que certains se frappèrent entre eux. Et quand de surcroît, il fut diffusé trompeusement que le messager صلى الله عليه وسلم avait été tué, les combattants musulmans furent saisis d’effroi.

Ce dernier صلى الله عليه وسلم ne sera heureusement que blessé dans la bataille. Certes, il eut quelques dents cassées (les prémolaires), le front balafré et la lèvre coupée, mais il demeurera néanmoins ferme et sa foi n’en sera pas pour autant ébranlée.

Finalement, après la perte de soixante-dix des leurs, dont l’illuste Hamza Ibn cAbdil_Muttalib, les Musulmans seront contraints de battre en retraite. Les victimes païennes s’élèveront quant à elles au nombre de vingt-deux.

De la naissance de l’état islamique à la mort du messager

 La campagne des coalisés

 Apres leur victoire à Uhud, les Qurayshites, ayant goûté à la victoire après la défaite, trouvèrent dans ceci de quoi les encourager à continuer de combattre la prédication islamique. Pensant les Musulmans affaiblis, ils se dirent qu’il était aisé d’en finir avec eux.

Pour les Musulmans en revanche, il fut pénible que le faux l’emporta sur le vrai et surtout, que ce résultat soit la conséquence de la désobéissance de quelques combattants au messager صلى الله عليه وسلم, alors que ce dernier صلى الله عليه وسلم  était le chef de la bataille. Il leur fut également pénible que ce résultat encouragea certaines tribus arabes à prendre une position plus dure envers la prédication islamique.

D’autre part, et dans ces conditions difficiles, les Juifs de Médine, en dépit de l’alliance contractée avec leurs concitoyens musulmans, se mirent à tramer des complots contre le messager صلى الله عليه وسلم et sa prédication.

L’Envoyé d’Allah صلى الله عليه وسلم fera face à la trahison avec la plus grande fermeté. En l’an 4 de l’Hégire, il expulsera de Médine une de leurs tribus, celle des Banû An-Nadhîr. Cette expulsion aura pour effet d’attiser le feu de la rancune et de la haine dans le cœur des autres Juifs qui se mettront dès lors à parcourir l’Arabie dans le but de dresser les tribus arabes contre les Musulmans.

Ils parviendront à leurs fins puisqu’ils réussiront à s’allier avec Quraysh pour combattre le prophète صلى الله عليه وسلم et sa communauté.

Pour ce faire, la tribu mecquoise ralliera contre les croyants plusieurs tribus arabes réunissant des groupes des Ghatafân, Banû Murrah, Banû Ashjac, Banû Sulaym et Banû Usud.

Ces groupes seront surnommés les Coalisés, qui forts d’une immense armée, se mettront enhardis en ordre de marche vers Médine.

La composition des Coalisés était la suivante :

- Quraysh, dirigée par Abû Sufyân, forte de 4000 hommes, 300 chevaux et 1000 chameaux.

- Ghatafân, constitué de mille cavaliers dirigés par cUyaynah Ibn Hisn.

- Quant aux groupes restants, ce sont Banû Murrah, Banû Ashjac, Banû Sulaym et Banû Usud.

Le nombre total de coalisés s’élevait à 10 000 hommes et leur général en chef était Abû Sufyân. N’oublions pas qu’il y avait en plus dans leur camp les factions juives, qui s’entendaient avec les coalisés tant sur l’objectif que sur les moyens d’y parvenir.

Quand les Musulmans eurent vent de cette ligue islamophobe, le messager صلى الله عليه وسلم consulta ses compagnons comme à son habitude sur la meilleure marche à suivre.

Salmân Al-Fârisî (Le Perse) -qu'Allah l'agrée- prit alors la parole et lui suggéra de creuser un fossé tout autour de la ville, qui servirait de ligne de défense et permettrait ainsi de repousser les offensives polythéistes.

Le fossé fut creusé et les Musulmans se fortifièrent à l’intérieur de la ville afin de la défendre. Cette mesure sera d’une importance capitale dans la défense de Médine car elle empêchera effectivement les coalisés d’y pénétrer.

Néanmoins, c’est de l’intérieur que viendra le danger. En effet, les Juifs de Banû Qurayzhah, en violation totale de leur traité avec les Musulmans, permirent aux polythéistes d’entrer dans la ville du coté de leurs habitations. Par cet acte, la tribu juive changea littéralement de camp et rejoignit les coalisés contre le messager صلى الله عليه وسلم et les Musulmans.

Apres cette trahison, la position du messager صلى الله عليه وسلم et des Musulmans était devenue absolument intenable. Toutefois, en raison de sa foi profonde dans le secours d’Allah (c), le messager صلى الله عليه وسلم parvint à contenir sa colère et rester maître de lui-même.

Heureusement, la crise se dissipera, notamment quand un coalisé, qui s’était entre temps converti à l’Islam, proposa ses services au messager صلى الله عليه وسلم.

Nucaym Ibn Mascûd, de la tribu de Ghatafân, était à la fois un ami de Quraysh et ami des Juifs. Il vint au messager صلى الله عليه وسلم et lui dit :

- « Je me suis converti à l’Islam mais mon peuple l’ignore, dis-moi ce qu’il faut faire pour t’aider. »

- « Tu es seul, que pourrais-tu donc faire ? » lui répondit le messager (e). Puis il ajouta : « Mais sème la confusion autant que tu peux car la guerre, c’est la ruse. »

Le nouveau Musulman parvint à semer la discorde entres les polythéistes et les Juifs et à les monter les uns contre les autres tant et si bien qu’ils se divisèrent, chaque groupe se retournant contre l’autre. Les coalisés se mirent alors à se craindre les uns les autres.

Et puis soudain, lors d’une nuit sombre, des rafales de vent ainsi que des averses se succédèrent et un grand froid s’abattit. Le vent arracha leurs tentes augmentant la peur dans le cœur des mécréants qui, craignant que les Musulmans ne les attaquent par surprise, prirent la fuite pendant la nuit.

Quand l’aube se leva, les Musulmans regardèrent et constatèrent que cette grande armée avait tourné les talons :

وَرَدَّ ٱللَّهُ ٱلَّذِينَ كَفَرُواْ بِغَيۡظِهِمۡ لَمۡ يَنَالُواْ خَيۡرٗاۚ وَكَفَى ٱللَّهُ} {ٱلۡمُؤۡمِنِينَ ٱلۡقِتَالَۚ وَكَانَ ٱللَّهُ قَوِيًّا عَزِيزٗا

« Et Allah a renvoyé avec leur rage les infidèles sans qu’ils n’aient obtenu aucun bien, et Allah a épargné aux croyants le combat. Allah est Fort et Puissant.» S. 33, v. 25.

Après le revers des coalisés, le messager صلى الله عليه وسلم se rendit avec ses Compagnons pour punir la trahison des Banû Qurayzhah et leur violation du pacte. Ceux-ci, s’attendant à des représailles, s’étaient retranchés dans leur forteresse.

Les Musulmans assiégèrent leurs habitations pendant vingt-cinq nuits. Lorsque la situation fut devenue trop grave et qu’ils ne trouvèrent aucune autre issue que de d’abdiquer et de capituler, ils demandèrent l’intercession de leurs alliés parmi les Aws, en réclamant l’intercession de leur chef, Sacd Ibn Mucâdh. Le messager صلى الله عليه وسلم accepta la requête. Sacd statua qu’il fallait tuer les hommes et asservir les femmes et les enfants. Satisfait de ce jugement, le messager صلى الله عليه وسلم déclara : « Tu as statué à leur sujet par le jugement d’Allah, ô Sacd ».

Par cette décision, le prophète صلى الله عليه وسلم purifia la ville de Médine des Juifs. Plus tard, le deuxième calife de l’Islam cUmar Ibn Al-Khattâb -qu'Allah l'agrée- les expulsera du reste de la péninsule arabique, à cause de leur malfaisance et de leur nuisance. L’application du précédent jugement sur la tribu de Banû Qurayzhah marqua la fin de la bataille des coalisés, qui s’était déroulée pendant le mois de Shawwâl de l’an 5 de l’Hégire.

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 La trêve d’Al-Hudaybiyah

 Un an environ après la campagne des coalisés, au mois de Dhul-Qicdah de l’an 6 de l’Hégire, le messager صلى الله عليه وسلم et les Musulmans prirent la décision d’accomplir la cUmrah (Pèlerinage Mineur).

Ainsi, le prophète صلى الله عليه وسلم, accompagné de mille quatre cents de ses compagnons, sortit donc de Médine et fit route vers La Mecque. Les pèlerins entrèrent en état de sacralisation et amenèrent leurs offrandes avec eux. Ils n’avaient pour seules armes que leurs épées dans leurs fourreaux. Peu avant leur arrivée à La Mecque, ils firent halte à un endroit nommé Al-Hudaybiyah.

Apprenant la nouvelle de l’arrivée du prophète صلى الله عليه وسلم et de ses hommes, Quraysh, pensant qu’ils étaient venus faire la guerre, fut prise de panique.

Mais, le messager صلى الله عليه وسلم, par la voix de certains de ses compagnons, leur assura que ses intentions n’étaient nullement belliqueuses et qu’il avait pour seule intention d’accomplir le pèlerinage mineur.

cUthmân Ibn cAffân -qu'Allah l'agrée- comptait parmi ceux que le messager صلى الله عليه وسلم dépêcha à la Mecque afin d’assurer ses dirigeants de la véracité de ses intentions pacifiques.

Voyant que ce dernier tardait à revenir, la rumeur courut parmi les Musulmans qu’il avait été tué.

Le messager صلى الله عليه وسلم invita alors ses compagnons à lui prêter allégeance et ces derniers lui firent, sous un arbre, le serment de rester fermes.

Ce serment est la fameuse Baycat Ar-Ridhwân, que le Coran a mentionné en ces termes :

لَّقَدۡ رَضِيَ ٱللَّهُ عَنِ ٱلۡمُؤۡمِنِينَ إِذۡ يُبَايِعُونَكَ تَحۡتَ ٱلشَّجَرَةِ فَعَلِمَ مَا} {فِي قُلُوبِهِمۡ فَأَنزَلَ ٱلسَّكِينَةَ عَلَيۡهِمۡ وَأَثَٰبَهُمۡ فَتۡحٗا قَرِيبٗا

« Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t’ont prêté le serment d’allégeance sous l’arbre. Il a su ce qu’il y avait dans leurs cœurs et a fait descendre sur eux la quiétude, et Il les a récompensés par une victoire proche.» S. 48, v. 18.

Craignant les conséquences d’un conflit avec les Musulmans, Quraysh opta pour l’apaisement.

Elle dépêcha son plénipotentiaire[4], Suhayl Ibn cAmr, négocier avec le prophète صلى الله عليه وسلم les modalités d’une trêve permettant de sortir de cette crise.

 Ces négociations aboutiront à la fameuse trêve d’Al-Hudaybiyah qui stipulait les termes suivants :

- L’arrêt immédiat des hostilités entre Musulmans et Mecquois, et ce, pendant une période de dix ans.

- Toute personne de Quraysh qui rejoint les Musulmans devra leur être rendu immédiatement rendue par les musulmans. En revanche, si un Musulman venait à Quraysh, celle-ci ne serait pas tenue de le leur rendre.

- Le prophète صلى الله عليه وسلم et ses compagnons retourneront cette année à Médine sans avoir accompli de cUmrah. Ils seront toutefois autorisés à le faire l’année suivante. Le prophète صلى الله عليه وسلم entrera à La Mecque avec ses compagnons et Quraysh se tiendra, à ce moment-là, hors du lieu sacré. Les Musulmans pourront y rester trois jours, n’ayant pour seules armes leurs arcs et leurs épées rangées dans leurs fourreaux.

- Quiconque désirant entrer dans l’alliance de Muhammad صلى الله عليه وسلم le pourra et quiconque désirant entrer dans celle de Quraysh, le pourra également.

Conformément à ces termes, le messager صلى الله عليه وسلم retourna avec ses compagnons à Médine sans avoir accompli de cUmrah cette année-là. Puis, au mois de Dhul-Qicdah de l’année suivante, l’an 7 de l’Hégire, le messager صلى الله عليه وسلم partit accomplir la cUmrah avec ses compagnons.

Comme convenu, ils entrèrent à la Mecque et les polythéistes en sortirent. Ils accomplirent les rites du pèlerinage mineur et trois jours après, comme stipulé dans la trêve, le messager صلى الله عليه وسلم donna l’ordre de lever le camp et retourna avec ses hommes sains et saufs à Médine.

La cUmrah accomplie cette année-là par le messager صلى الله عليه وسلم et ses compagnons sera connue sous le nom de cUmrah de rattrapage, c’est à dire qu’ils ont du rattraper la cUmrah qu’ils n’avaient pu accomplir l’année précédente.

De la naissance de l’état islamique à la mort du messager

 

 La conquête de la Mecque

 Parmi les termes de la trêve d’Al-Hudaybiyah, il était stipulé que quiconque désirait entrer dans l’alliance de Muhammad صلى الله عليه وسلم le pouvait et que quiconque en revanche, souhaitait entrer dans celle de Quraysh le pouvait également.

En vertu de cela, la tribu de Khuzâcah entra dans l’alliance du messager صلى الله عليه وسلم tandis que celle de Bakr préféra entrer dans celle de Quraysh.

Un conflit éclata entre les deux tribus et Quraysh e

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